Lundi 1 décembre 2008
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14:00
Oui, cette semaine j’ai fait un doux rêve et je m’en vais vous le
conter.
Mardi soir, alors que je finissais mon entraînement sur mon tapis de
course à pied, le téléphone a sonné. Je m’arrête donc et décroche ; il s’agit de mon petit frère Denis. On discute famille, santé, boulot et puis d’un coup son timbre de voix change et me dit «
Au fait Iza….. », s’en suit un grand blanc. Je m’inquiète, me demande quelle est la mauvaise nouvelle qu’il va m’annoncer, mais il poursuit par un « Pour le CCC 2009…, pour s’inscrire…, tu le
fais toi ? » Et là, j’ai la banane jusqu’aux oreilles, je n’en crois pas mes ouïes, mon frangin veut taquiner la Grande Montagne !! Je suis sur un nuage, je suis aux anges et je nous y vois déjà.
Donc je lui explique rapidement le principe de la pré inscription, du tirage au sort, des courses qualificatives. Je lui confirme mon intention d’y prendre part, accompagnée d’Olivier et sans
doute de Pierre-Louis. Si toutefois nous sommes retenus, nous serons les quatre mousquetaires avec la couverture de survie en guise de cape et nos bâtons télescopiques pour nos épées… Voilà,
c’est lancé, le 17 décembre 2008, nous nous inscrirons en espérant vivement être retenus pour prendre part au CCC 2009, long de 98 KM, qui se déroulera le dernier week-end
d’août.
Je raccroche, finis ma séance le cœur joyeux et passe une bonne soirée.
Et puis, je me couche, ferme les yeux et…..
Vendredi 28 août 2009, il est 08H30, l’air est frais, le centre du
village de Courmayeur, en Italie, est en ébullition. Nous sommes avec Denis, Olivier et Pierre-Louis sur la ligne de départ du CCC. On rit beaucoup mais on sent bien que c’est nerveux. Nous nous
sommes préparés sérieusement pour affronter les 98 Km et 5600 m de D+, le tout en moins de 26 H. Débute le briefing durant lequel on nous rappelle toutes les règles de sécurité, on nous présente
les têtes d’affiche. Les minutes s’égrainent et à 09H00, le départ est donné. On se tape une dernière fois dans la main et nous partons pour un long périple. Olivier et Pierre-Louis feront la
course ensemble, Denis restera avec moi, telles sont nos prévisions. L’ambiance est démesurée, il fait bon, on prévoit de bonnes conditions météo pour ce week-end de folie. On croise Stéphanie,
la famille MARCHANT, Pierre, Arnaud et Christelle, le petit bisou est de rigueur, on ne sent pas encore de trop la sueur !!
Puis on attaque la montagne, que c’est beau, on ne se lasse pas. On se
retrouve en file indienne, le rythme est bon. Et puis les heures passent, les kilomètres s’additionnent, les douleurs s’installent, ainsi que les grandes interrogations. Mais nous tenons bons,
nous passons CHAMPEX , la nuit tombe, les étoiles brillent, le ciel est magnifique. Cela est de plus en plus dur, avec ces montées et descentes interminables mais nous irons jusqu’au bout, nous
en sommes certains. On rigole, on se lance de futurs défis en course à pied, on s’isole dans un silence monastique mais on avance. Nous passons enfin la frontière, Vallorcine approche et puis le
Col des Montets, et puis la Flégère et enfin, CHAMONIX nous tend les bras. On se refait une petite beauté, on entend le speaker, on se rapproche, nos cœurs s’emballent, nous n’avons plus mal,
nous ne sommes plus fatigués, on se redresse même en rentrant dans le centre-ville. Le jour commence à se lever. Allez, plus que quelques centaines de mètres, on retrouve la famille, on est
heureux, Olivier et Pierre-Louis sont là également pour nous accueillir. Eux sont arrivés il y a quelques temps. J’attrape la main de mon petit frère, on se regarde et c’est la larme à l’œil que
l’on passe la ligne d’arrivée, les bras bien haut. On s’enlace, se chuchote à l’oreille qu’on est les plus forts, les plus heureux, que la vie est belle. On pleure mais de joie, de bonheur.
Olivier et Pierre-Louis nous retrouvent pour ce moment d’émotion intense, que c’était dur mais que c’était beau…
Oui, j’ai fait ce rêve, il n’en tient maintenant qu’au grand livre de la
vie pour qu’il devienne réalité.
Voili, voilou, j’espère juste ne pas vous avoir endormi en vous contant
mon histoire !
Iza, douce rêveuse