Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /2007 15:56
Bon, je prends enfin le clavier pour vous raconter, comme promis, notre petit périple entre Saint Etienne et Lyon, en cette nuit du 02 décembre.
Tout d'abord, arrivés à Lyon vers 17H00, nous nous précipitons à l'UFR STAP pour y prendre la navette, qui nous conduit au départ. Notre voyage va durer environ une heure. Durant celui-ci, nous profitons des conversations des voisins de banquettes, essayons de fermer les yeux, juste histoire de mieux nous préparer à ce qui nous attend, à savoir, une nuit blanche !!
"SAINT ETIENNE, SAINT ETIENNE, tout le monde descend. On vous a emmenés en car, à vous de rentrer à pied ! ", c'est ce que l'on a entendu à notre arrivée. Cela a le mérite d'être clair, on nous met de suite dans l'ambiance. Nous accédons au Parc EXPO, Hall A, pour y retirer notre précieux sésame, notre dossard. Ce sera le numéro 441 pour Denis et le 5382 pour moi. On teste la puce qui sera installée à la cheville, il n'y a plus qu'à attendre minuit, non pas pour nous transformer en petites souries ou pire en citrouille, mais pour nous élancer sur nos 69 km, avec 1300 m de dénivelé.
Audrey et Pierre-Olivier, des amis de Denis nous ont proposé de passer la soirée chez eux. Alors, il a suffi d'un coup de fil et notre chauffeur est venu nous prendre à la porte du parc Expo. Après quelques léchouilles de la part de Baya, leur chienne rottweiler, nous nous installons confortablement dans le canapé et devinez un peu de quoi notre conversation va être alimentée ? Eh bien non, pas QUE de course à pied, mais BEAUCOUP de football, en particulier de l'équipe de St Etienne et de l'ambiance qu'il ya entre supporters lyonnais et stéphanois !! Ce n'est pas génial, franchement, je préfère le monde de l'Ultra, c'est plus sympa ! Une dernière assiette de pâtes est avalée et on se met à bichonner nos pieds, remplir la poche à eau, bref, le rituel d'avant course. Denis reproduit mes gestes, à l'écoute des moindres conseils. Il est motivé le petit !
A 23 HOO, nous quittons la chaleur et le confort d'un bel appartement pour nous retrouver dans le froid. Entre les coureurs, relayeurs et marcheurs, nous sommes environ 8000 à vouloir braver la nuit sur les monts du Lyonnais. La météo est idéale.
"H" moins deux minutes, on court pour trouver la ligne de départ, franchement, nous sommes de vrais touristes. Une photo d'avant départ, la musique monte, les fumigènes embrument la ligne, l'ambiance du peloton devient démente et c'est parti !
La première partie se fait sur la route, alors tranquillement ( je ralentis le frangin qui veut prendre le rythme d'un marathon ), nous nous échauffons. C'est génial, il règne un esprit sur cette course, je ne sais comment le retranscrire, mais on est sur une autre planète. Et puis, toutes ces lucioles devant et derrière, cela me met dans tous mes états. C'est trop beau.
Bon c'est pas tout ça, mais la Saintélyon, c'est 60% de chemin, alors on attaque le trail. Comme la pluie s'en est donnée à coeur joie durant deux semaines, imaginez l'état de ces chemins. Je ne pensais pas avoir droit aux bains de boue durant la course. D'accord, c'est bon pour la peau, mais quand même...
Impression étrange que nous rencontrons, d'un seul coup ; le ciel se remplit d'étoiles, il n'y a plus de lumières artificielles pour altérer la voûte, c'est grandiose, pour un peu, je m'arrêterais pour trouver la Grande Ours. 
Courir la nuit est déjà technique, la foulée est totalement différente que de jour. Sur cette course, on retrouve en plus un relief bien marqué, avec montées et descentes à répétition, rare est le plat sur le parcours pour exemple, quelques côtes à 20%, sympa non ?!. 
Il nous faut adopter en plus la technique ou je dirais plutôt la tactique du "Gaffe à la glissade dans le bourbier"!! Nous nous remettons en cause en permanence sur les sentiers, nous devons accentuer la vigilance car le terrain est plus qu'humide, c'est la piscine à certains endroits. Il faut absolument éviter de plonger les chassures, car la température est quand même fraiche. Poursuivre la course les pieds mouillés serait à mon avis un brin suicidaire ! Alors, on enjambe, on saute, on glisse, on perd quelques fois la chaussure mais c'est le pied. La fatigue aidant, la vigilance devient plus dure à maintenir, mais on y croit et la solidarité est de rigueur sur le parcours.
Durant celui-ci, je disais à Denis que j'aimerais faire cette course de jour car je suis sure que les paysages doivent être magnifiques.
Lorsque nous traversons les villages, nous rencontrons un peu de monde pour nous encourager. Cela fait du bien de se sentir soutenus dans la nuit noire. 
Les ravitaillements ,quant à eux, sont quand même un peu bordéliques ( j'ai vérifié dans le dictionnaire, je peux le mettre...), on se croise, on se bouscule pour espérer attrapper un verre de thé ou d'eau. Non pas qu'ils n'étaient pas bien fournis, au contraire, mais la configuration n'était pas, à mon humble avis, idéale. Mais cela n'engage que moi.
L'heure tourne, on se sent un peu fatigué, on le serait à moins après une quarantaine de kilomètres. Et pour moi, c'est la grande découverte et une grande expérience que je vais vivre. Une douleur sournoise s'est installée au niveau des deux genoux. Jamais je n'avais connu un tel calvaire. Comme quoi, d'une course à une autre, on ne peut rien prévoir !! Gérer une douleur, c'est un peu nouveau pour moi, surtout sur ce type de parcours ! Je ralentis, je marche pour récupérer et lorsque je me sens un peu mieux, je relance, bref, je fais le YOYO, ou plutôt, je mets en pratique la méthode Cyrano que j'ai découvert au travers de mes lectures sportives.
Denis part devant, m'attend, fait un bout de route avec moi et repart. Il est frais comme un gardon, sa foulée est toujours très alerte; c'est pourquoi, vers 7H00, je lui propose de partir, de se faire plaisir, nous en sommes environ au 55ème kilomètre.
J'avance toujours mais c'est de plus en plus dur, J'ai sur mon sac à dos la photo de Papy que j'avais emmenée sur le CCC, alors, cela me booste, je ne peux m'écouter et arrêter là. Pour lui et grâce à lui, je sais que j'irai jusqu'au bout, je ne peux m'apitoyer alors que lui a tant souffert, il faut que je sois à son image, forte et déterminée, motivée !!
Et puis quand cela va mal, il suffit d'un petit détail pour oublier et repartir. Pour moi, ce fut ce lever de soleil vers 7H30; je me suis arrêtée, j'ai profité de ce jour nouveau, j'ai pris des photos et j'ai relancé la machine.
En route, j'ai retrouvé Hervé, un Kikoureur qui réside près de chez moi. On a fait un bout de chemin ensemble, avec dautres kikoureurs (que je salue en passant, sympa le groupe !!). Et puis, arrivée sur LYON, je suis partie à mon petit rythme; le passage sur les berges a été génial et que dire de cette arrivée sur le stade. 
Quelques larmes ont coulé, comme de coutume. J'ai terminé en 9H41, je suis heureuse et fière d'avoir passé le cap de la douleur. Peu importe le temps, j'ai vécu une nouvelle expérience et j'ai réussi à gérer la souffrance.
Merci à vous Papy, vous êtes mon mentor !
Pour Denis, je ne dirai qu'une chose, je suis fière qu'il soit mon frère. Il a géré sa course parfaitement et n'a fait que remonter dans le classement tout au long de la course. C'est en 9H04 qu'il a terminé son premier ultra : Chapeau Frangin, je t'adore ! 
Une bonne douche froide après notre ballade nocturne, un repas constitué de ...pâtes et après un somme d'une heure dans la voiture, nous avons repris la route pour retrouver notre monde réel; Dur, dur, tellement la tête est pleine de souvenirs. Mais, nous le savons, il y en aura d'autres, alors ....

Voili-Voilou, c'est fini pour aujourd'hui.
En attendant le prochain, sportez-vous bien.
Par Iza
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Commentaires

Une fois de plus toutes mes félicitations, c'est bien que tu ais enrôlé le petit frère, maintenant qu'il a passé les 40 ans il a plein de chose à se prouver...
Bises à vous 2
Commentaire n°1 posté par Christelle le 07/12/2007 à 15h20

tres bon site
bravo ma tit femme
peet

Commentaire n°2 posté par collins le 21/01/2008 à 22h04

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