Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /2008 18:12
      Eco-Trail de Paris, le CR           undefined
 
Voilà, cette première édition de l’Eco-Trail est terminée, la ligne est franchie. Si je devais qualifier cette course, je dirai tout simplement que ce ne fut que du BO-BO bonheur pour faire un clin d’œil à ceux qui avaient critiqué la course avant qu’elle n’ait lieu !
Mais voilà mon histoire :
Il était une fois, un gars et une fille, frère et sœur, tous deux rongés par la même passion qu’est la course à pied. Lorsque la publicité de l’Eco-Trail s’est faite, de suite, Iza, la fille, a appelé Denis, le gars, pour lui proposer de participer à son 2ème ultra (Hé oui, il est tout nouveau mais se débrouille pas trop mal, normal, c’est le frère de la fille…).
Ils se sont préparés chacun de leur côté, l’un habite dans le nord de l’Ile de France et l’autre habite en Bourgogne. Mais régulièrement ils s’appelaient pour se motiver et savoir où l’autre en était. Pas de soucis, pour le jour J, il seraient prêts. En effet, une arrivée au 1er étage de la Tour Eiffel, cela ne pouvait que les motiver !
Et puis le 16 février est venu. La fille avait un peu peur. Elle n’avait dormi que 3 heures à cause du boulot et se disait qu’elle n’avait plus 20 ans, que la récup. serait peut-être un peu juste. Mais bon, vaille que vaille, quand faut y aller, faut y aller, alors…..
…alors elle a retrouvé le gars au Palais des Sports pour y retirer son dossard, vérifier son sac. Comme ils étaient accompagnés, ils n’ont pas pu faire le tour du village et c’est bien dommage, ça avait l’air sympa !
Arrivés sur la base de St Quentin en Yvelines, un vent glacial les a accueillis. « Brrrrrrrr, ça caille a dit la fille, il faut bien te couvrir », c’est son côté maternel qui est ressorti, elle ne peut pas s’en empêcher. Ils ont patienté, cherchant un abri pour se protéger du froid, mais rien.
Et puis le départ a été donné, des cavaliers ouvraient le chemin, c’était déjà génial, la température était oubliée.
Le gars était tout excité et voulait partir plein pot, le départ sur la base de loisir était hyper roulant, avec un sol encore relativement gelé. Heureusement la fille le freinait un peu. « Cool, frangin, il y a 80 km à faire »  lui disait-elle. Et elle, ça l’arrangeait d’aller moins vite parce que c’est un diesel et que la vitesse, c’est pas son truc ! Ils ont traversé la base de loisirs, longé le golf, les plans d’eau, vraiment chouette cette première partie du parcours, avec les canards qui les encourageaient. Ils ont quitté la verdure pour traverser une ville, laquelle me direz-vous, et bien, la fille ne s’en souvient pas. Tout ce qu’elle a retenu, c’est la bêtise humaine à un carrefour. En effet, un chauffeur, un peu trop pressé, a voulu se battre avec un bénévole qui était là pour réguler la circulation. L’autre en avait marre d’attendre et a cru bon d’accélérer, au risque de percuter le commissaire de route !!! Heureusement, la solidarité entre sportifs a eu raison. Quelquefois, la fille se demande qui est le plus intelligent, l’animal ou l’homme ?! (Il y a matière à travailler, vous avez deux heures). Cette partie « trail urbain » a bien plu au gars, il a aimé traverser les squares, longé les parcs. Le contraste évident le motivait encore plus.
Et puis, enfin, la forêt les a accueillis et avec elle, le premier ravitaillement qui se situait au kilomètre 21. Il fallait déjà savoir gérer sa course pour ne pas y arriver totalement épuisé et déshydraté, un vrai trail en somme. Pour ce qui est du ravitaillement, rien à redire, si ce n’est que l’organisation mérite là encore des félicitations car rien ne manquait, solide, liquide et bonne humeur des bénévoles ! Entre coureurs, c’était super également, la solidarité était toujours présente (Merci les UFO).
Et après cela, le gars et la fille sont partis pour environ une cinquantaine de kilomètres essentiellement en forêt, avec montées, descentes, montées, descentes, montées et descentes. Bref, du bonheur et de la bonne humeur au début de ce circuit et moins d’enthousiasme et des « Ho regarde celle qui nous arrive encore » à la fin !!!!! Dur dur mais tellement enivrant et envoûtant de se dire que la Capitale est à deux pas.
Quand la fille a eu son coup de moins bien, le gars était aux petits soins avec elle. Jamais très loin devant, il tournait la tête régulièrement pour veiller sur elle. C’est vrai quoi, c’est sa sœur, une véritable histoire de famille, d’amour fraternel. Elle, dans sa tête, elle mettait en pratique tout ce qu’elle avait pu lire dans « Ultrafondus », magazine génialissime sur la course à pied. Elle se dédoublait, se positionnait au dessus de ce corps qui avait un peu de mal à avancer, décortiquait la foulée et la tenue pour mieux les rectifier. Elle se disait que c’était une nouvelle mise à l’épreuve, tout comme la Saintélyon, pour grandir et s’affirmer coureuse d’ultra. Elle se voyait ce vendredi 29 août au départ de l’UTMB et là, ça repartait ! Yes, rien ne l’arrêterait, elle se devait de le faire pour elle et puis pour son beau-père, ce papy si volontaire qui se retrouve dans un fauteuil roulant alors qu’il aimait tant se balader. Sa photo est d’ailleurs toujours sur son sac depuis le CCC.
Et puis de temps en temps, l’inverse s’opérait, c’était la fille qui surveillait le gars, le genou de ce dernier lui a joué des mauvais tours durant la course. Le dos l’a un peu chatouillé aussi.
Au 50ème kilomètre, le deuxième ravitaillement s’est offert à eux, comme une grande fête, ils se seraient crus dans ce village d’irréductibles gaulois. Le soleil se couchait, l’air se faisait encore plus frais. Il ne manquait que les sangliers grillés…
Là, armés de la frontale, ils ont attaqué les trente derniers kilomètres en se disant « c’est bon, on ira jusqu’au bout ! » En plus les frangins, copains et copines appelaient régulièrement pour prendre des nouvelles et les encourager. Ha la solidarité, ça vous pique au cœur quelques fois. Les côtes n’en finissaient pas, elles devenaient presque provocantes mais ils avaient signé.
Le troisième ravitaillement au kilomètre 63 fut de nouveau le bien venu. Les bénévoles étaient toujours aux petits soins avec tous les coureurs, les spectateurs avaient tous un petit mot pour chacun. Même entre coureurs, quelque peu usés et éreintés, la bonne ambiance régnait. Par contre, lorsqu’ils ont quitté la tente, le froid les a surpris. Mais c’était dans la joie qu’ils se sont rendus au quatrième et avant dernier ravitaillement, au kilomètre 70.
Et ils l’ont rallié « ce ravito » : un thé bien chaud pour elle, une soupe pour lui, l’annonce de deux kilomètres supprimés (le tour du Champ de Mars pour permettre à un maximum de coureurs de monter sur la Grande Dame), la vue plongeant sur Paris et la Tour Eiffel en point de mire, tout ceci les a boostés pour se relancer et finir.
Sur cette fin de parcours, le relief a disparu, les quais se sont livrés à eux. La fille ne les a pas trop appréciés sur Issy, pas trop écolo. à son goût !
Mais lorsqu’ils sont entrés dans la capitale, aïe, aïe, aïe, que du bonheur. En plus, un bateau mouche leur a ouvert la voie pendant un petit moment. La Tour Eiffel s’offrait à eux. Qu’elle était belle cette Grande dame toute illuminée. Ils allaient enfin la toucher, le cœur se serrait. Le gars et la fille ont quitté les quais, ont traversé la rue et se sont engouffrés sous la tente, passage obligé avant le se diriger vers le pilier tant attendu. Enfin, ils y étaient, ils venaient de terminer leur échauffement et pouvaient attaquer la monter des marches jusqu’au premier étage sans craindre le claquage ! Alors ils ont pris leur ticket et ont commencé leur ascension. Le gars était motivé pour en finir au plus vite, la fille, elle, si elle avait pu les monter à l’envers pour faire durer le plaisir, elle l’aurait fait, tant elle appréhende ce moment, le passage de la ligne. « Pourquoi on va pas au quatrième, que cela dure plus longtemps?! » a-t-elle pensé secrètement.
Mais enfin, la ligne s’offre à eux, Denis attend Iza, ils passent ensemble en 10H11 et s’enlacent tendrement, fraternellement, une larme coule, c’est du bonheur à l’état pur. Ils sont heureux tout simplement, cassés mais heureux. Ils ont récupéré leur médaille, leur maillot « Finisher ». Avant d’avaler la bonne bière salvatrice, ils ont félicité un des organisateurs qui était à l’arrivée. Oui vraiment cette course, ce premier Eco-Trail de Paris fut une réussite totale.
Et puis quelques temps après, le gars a embrassé la fille, il est reparti dans le nord de l’Ile de France et la fille s’en est allée en Bourgogne.
Et comme dans toutes les belles histoires, ils se sont couchés heureux et ont fait de très très BO-BO rêves….
 
Voili-Voilou, c’était le « petit » mot d’Iza qui plane encore.
Par Iza
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