LES Z'AVOINEURS,
Des passionnés qui ne demandent qu'à partager
!
Allez, j'ose, Bastien ne m'en voudra surement pas !
C'est son CR, après Sa Course à la Réunion, Félicitations à lui, et pour vous, non, pour nous, Y-A PLUS QU'A REVER OU SE PREPARER, n'est-ce pas Denis....
La diagonale des fous !
Un grand raid très rude. (150 km avec 18000 m de dénivelé positif et négatif)
Ce raid qui traverse l'île de La Réunion reste l'une des courses les plus difficiles au monde. Sa particularité tient à son parcours hors norme, sauvage, accidenté et très technique poussant l'organisme à un effort presque inhumain, sachant que l'épreuve s'effectue non stoppe (de jour comme de nuit) dans un délai limité à 64 heures.
Cette diagonale des fous aura été particulièrement difficile pour les raideurs. La faute à une météo capricieuse qui aura douché pas mal d’espoirs dans les premiers kilomètres de course.
Une course qu’il faut aborder avec humilité, détermination et qui doit se gérer intelligemment suivant son niveau. En quelques lignes, voici le récit des moments vécus au fil des étapes.
CAP-Méchant- le Volcan (le départ).
Les dernières minutes d’attente sont intenses, une année de préparation, beaucoup de sacrifices et voilà enfin cette aventure si proche !
00h00 le 23 Octobre, c’est parti ! Le peloton s’élance à travers la rue principale de Cap-Méchant, encouragé par des centaines de supporters. 2,8 km de route et le peloton s'engage sur une piste qui monte à travers les champs de cannes à sucre pendant 11 km, sous une pluie battante pour rejoindre la route du Volcan. Les conditions sont difficiles, nous sommes trempés de la tête au pied mais le moral est là.
La nuit du Volcan.
Premier changement de terrain important, boueux, glissant, la montée est régulière, très technique, on pénètre vraiment dans l’ambiance du Grand Raid. Cette longue ascension nocturne vous dépose à 2350 m d’altitude. La clé du départ est la prudence ! Il ne faut pas brûler de cartouches inutilement. Le peloton est encore compact et des ralentissements se produisent, il faut rester calme et concentré car la route est encore bien longue !
Après 30 km, à droite du sentier voici la gueule béante du cratère, nous foulons maintenant les laves noires du Piton de la Fournaise. Une vue magistrale sur lever du soleil s’offre à nous, le moral est toujours là !
Puis la boue disparaît pour faire place à un relief plutôt favorable, toutes les conditions sont réunies pour courir enfin !
Le ravitaillement du volcan arrive après 7 km : boissons chaudes, soupes etc……L’alimentation est aussi la clé de la réussite de cette épreuve.
Après avoir déroulé pendant 14 km environ, voici le mur vertical du rempart de Sainte Thérèse (160 m positif sur 1 km). On quitte les laves noires pour entamer une descente de 5 km pour 500 m négatif, puis 5 km de plat, mais si !
On parvient à Mare à Boue avec 50 km dans les mollets, pas de fatigue apparente, le moral est toujours là et le beau temps s’invite enfin ! (gros poste de ravitaillement).
Nous repartons pour 12 km de montée régulière et prenons à nouveau 900 m positif sous le brouillard et l’humidité.
On entre progressivement dans la forêt primaire, encore 2,5 km pour rejoindre la caverne Dufour, point culminant du GR à 2434 m. S'en suit une descente raide et technique, très glissante où beaucoup de concurrents se sont malheureusement blessés.
Voilà la mi-course, 69ème Km, Cilaos tout est prévu (médecin, kiné, repas).
C’est maintenant que la course commence .
La nuit est tombée, nous descendons la cascade de Bras Rouge et l’on attaque maintenant un des juges de paix du GR le col Taïbit 4 Km avec 800 m de positif. C’est là que certains organismes commencent à craquer, des concurrents dorment avec leur couverture de survie sur le bord du sentier, d'autres se reposent sur des pierres. Une ambiance particulière règne, le calme prédomine cette nuit étoilée.
La fatigue est présente et quelques hallucinations apparaissent après plus de 25 heures sans dormir : les pierres bougent, les ombres ressemblent à des géants.
Nous entrons pendant un long moment dans le cirque de Mafate. Site que tout le monde craint. Aucun moyen de locomotion n'est possible, nous sommes livrés à nous-mêmes et ne pouvons compter que sur la solidarité, la volonté, le courage et la motivation.
Nous enchaînons une succession de petites montées jusqu’à la descente vers l’école de Roche Plate au 95ème km, le jour se lève.... ouf ! les "géants" sont partis. On est entré ici dans la gestion de la longue distance, le mental prend petit à petit le relais.
Après Roche Plate, nous plongeons dans une descente technique, très abrupt vers la rivière de galets. Commence alors une montée de 2 km en lacets très raide, pour prendre 500 m positif à gérer avec calme et détermination.
Et à nouveau une succession de montées difficiles, de descentes techniques où l’on franchit des ravines sous un beau soleil.
Enfin, une dernière passerelle suspendue dans le vide à passer individuellement et l’on arrive au 110ème km (ravitaillement complet, dortoir….).
Les pieds commencent à chauffer, 32 heures de course, je n’ai toujours pas dormi et le moral n’a pas encore flanché !
Maintenant débute une longue descente caillouteuse qui rejoint la Rivière des Galets. Puis, enfin le poste stratégique de Deux Bras .
Une pause de 20 minutes est nécessaire pour straper les pieds en prévention de blessures. Le moral est toujours là après 40 heures.
C’est reparti ! On est au pied du dernier gros morceau : la montée de Dos d’Ane 7 km pour 800 m de positif avec 121 km au compteur. Il faut vraiment gérer ses efforts et concentrer son énergie. L'objectif premier est d'avancer, cette montée est redoutable mais le mental ne lâche pas !
Voici le village Dos d’Ane mais les hostilités ne sont pas finies ! Après avoir durement progressé jusque là, il faut encore remonter sur un sentier sinueux jusqu’à Piton Fougères pour trouver enfin la délivrance : les 19 derniers kilomètres .
Nous voici abordant la Plaine d’Affouche, une descente très technique où la vigilance est de mise aprés les 44 heures de course sans repos physiologique.
Puis Colorado, il reste 5 km ! Les plus durs peut-être, mais nous avons encore la force de relancer la machine. Plus rien ne peut nous échapper, l'arrivée est proche, les lumières du stade de la Redoute brillent.
Voilà c’est fait « moi aussi j’ai survécu à la diagonale des fous », telle est la devise des grands raideurs, celle qui est inscrite sur le tee-shirt de "finisher" tant convoité…..
Sur les 2700 engagés sur la ligne de départ, 1080 coureurs n’ont pu achever la course, ce qui représente 40 % d’abandon. Le vainqueur de l'édition 2009 chez les hommes est un métropolitain originaire de Savoie, Julien CHORIER en 22H09. Chez les femmes l'épreuve a été également remportée par une métropolitaine, LECOMTE Emilie, en 28H58 dans la catégorie senior.
Voilà
c’est FINI.
Bastien
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