LES Z'AVOINEURS,
Des passionnés qui ne demandent qu'à partager
!
Je ne sais par où commencer, tellement j’ai à raconter et surtout, je ne voudrais rien oublier.
Le monde de l’ultra s’est véritablement ouvert à moi en 2007 avec le CCC qui a été l’étincelle. Il y avait eu MILLAU par deux fois en 2001 et 2006 mais j’ai vraiment pris goût à la longue distance en m’inscrivant sur un forum de course à pied, spécialisé longue distance, pour ne pas le citer, www.ultrafondus.fr. Et là, ce fut « La Lumière », à lire les discussions, les retours d’expérience, je me suis dit que moi aussi, je voulais découvrir ce dépassement de soi, je voulais aller chercher plus loin encore que ce que je connaissais déjà sur le marathon. Et l’ultra fut pour moi la révélation ! Pure folie pour certains mais véritable passion pour moi !
Et, tout naturellement, en lisant les comptes-rendus, les reportages dans ULTRAFONDUS magazine, je me suis mise à rêver de prendre part un jour, à une course horaire. L’idée de courir sur un circuit en boucle pendant plusieurs heures, tel un hamster dans sa roue, me tentait. Bien sur, il existe des 6 H, des 12 H mais je voulais me tester sur un 24 H. Pour moi, cela représente vraiment cette quête intérieure, ce dépassement mental que je recherche.
Car, contrairement aux trails où là, les paysages vous permettent de vous accrocher et de continuer, sur une boucle, c’est vraiment à l’intérieur que l’on va chercher pour finir ! Et l’occasion s’est offerte à moi pour le téléthon 2009, alors courir pour une bonne cause, c’était évident, je me devais d’aller sur PARIS pour mon premier 24 H.
Neuf semaines de préparation se sont écoulées, cela a été rapide et ce vendredi 04 décembre, à 14 H, nous avons pris la route avec Pierre, direction la Concorde. Arrivée sur place, alors que Pierre cherche une place pour se stationner, je file récupérer mon dossard N° 178 et reçois également une superbe médaille pour l’occasion. Je fais connaissance d’autres coureurs, on cherche un peu les infos sur la course, j’y suis, depuis le temps que j’attendais ce moment, ça y est, il n’y a plus qu’à !
Avec Pierre, nous avions prévu toute une logistique mais qui ne servira strictement à rien, car pas ou peu de place pour laisser les sacs et pas d’endroit pour Pierre pour se reposer, ou alors, il faut qu’il traverse la Seine et lui ne veut pas me quitter, c’est beau l’amour. Alors, son TELETHON à lui sera de faire 24H (voir plus) entre le jardin des Tuileries et la voiture !
Allez, le départ est enfin donné avec quelques minutes de retard, un petit bisou à mon chéri et nous faisons un petit tour d’honneur avec l’organisation du Téléthon. Il fait déjà bien nuit mais l’ambiance est là, quelques uns sont déguisés, comme Le Bagnard et son boulet, Chtigrincheux habillé en jolie demoiselle, l’équipe féminine des Kikourou. Je fais connaissance de certains UFO. Etrangement, je n’ai pas la gorge serrée, est-ce bon signe, je ne le sais mais je me sens sereine.
En tout cas, tourner pendant 24 H sur cette boucle de 500 m ne me fait pas peur, je suis prête dans ma tête. En plus, nous avons la chance de courir dans le jardin des Tuileries, face à cette superbe grande roue qui va nous tenir compagnie, la Tour Eiffel n’est pas très loin et scintillera pour nous à plusieurs reprises. Et puis ces sirènes qui vont régulièrement me tirer de mes rêves, de mes interrogations, pour me remettre « les pieds sur terre ». Argh, l’ambiance parisienne pour moi qui suis dans un petit village de 600 âmes, quel changement !
Les premières heures se passent sans grande difficulté, je cours un bon moment avec Roger, un ancien pompier de Paris, me retrouve seule un court instant (sur 24 H, c’est sur !) et je fais connaissance de Laurent, un UFO, LAU, qui va m’accompagner pour quelques tours. Il travaille sur Paris et sera le samedi matin sur le circuit avec ses collègues de travail. Mais avant de rentrer chez lui, il a souhaité participer à sa manière au Téléthon en nous accompagnant, sympa non ?!
Denis, mon ptit frère, est même venu me soutenir, accompagnée de sa petite femme. J’étais heureuse de les voir. Ils m’ont fait chaud au cœur.
Les heures s’égrainent, le vent s’invite, la pluie fait de même et là, c’est le calvaire. Je savais que ce serait difficile mais là, le froid, l’eau, la fatigue, je me pose des questions. Il est 04H15 et je file faire un tour chez les élèves ostéo. J’attends un bon moment avant de pouvoir m’installer sur la table, normal, je ne suis pas la seule à avoir des petits bobos. Mais, une fois allongée, Dieu que c’est bon. Il me manipule le talon gauche qui recommence à me chatouiller, vérifie le dos, les jambes et après environ 40 minutes, me voilà de nouveau dans le froid et le noir. Je me dépêche de me remettre dans le circuit, histoire de me réchauffer. Heureusement l’organisation a été au top et nous a prévu de la soupe bien chaude, du café et du thé pour la nuit. On a même retrouvé sur la table du ravito des nuggets, des ailerons de poulet, des pâtes réchauffées dans une friteuse, oui c’est possible, et plein d’autres choses, bref, elle nous a gâtés.
Cela fait un bon moment que j’alterne course et marche, trois tours en courant et un en marchant. Mais vers 06H, je n’en veux plus, la nuit est trop longue, trop froide, trop, trop, trop, c’en est trop et décide de m’arrêter un moment pour me reposer, alors que je ne voulais absolument pas le faire ! Mais là, courir me fait trop mal et lorsque je marche, je m’endors. En plus, il n’y a vraiment pas grand monde sur la boucle, je me sens un peu seule ! Je me pose donc sous la tente « du comptage et ravito » pour 20 bonnes minutes. Je repars mais très vite, je revis le même calvaire. Est-ce possible, est-ce raisonnable, est-ce tout simplement sérieux que de continuer ainsi ? Je me suis posée ces questions et je n’ai trouvé qu’une seule réponse : OUI, le faire pour moi comme je l’avais souhaité et surtout, le faire pour tous ces malades, dont Pierre, qui sont en attente de progrès de la médecine, alors, oui, surtout pour eux, je me dois de continuer. Pendant ce laps de temps, Denis, le frangin, m’appelle pour avoir des nouvelles. Au son de ma voix, il n’a qu’un conseil, celui de l’arrêt, de l’abandon, il a peur que je me blesse pour la suite, que je finisse avec des séquelles. Je lui rappelle (il l’a vécu sur le CCC avec moi) que le corps et la tête sont de merveilleuses machines qui peuvent très vite repartir, que cela va aller mieux et que j’irai jusqu’au bout. Est-ce qu’il a été mon déclic, peut-être car je suis repartie ! Je me suis changée, j’ai mis les écouteurs et, sur un rythme très cool, je suis repartie, course-marche, course-marche mais repartie.
Vers 07H45, le ciel commence à changer, le jour pointe son nez, ouf, cela fait du bien. En plus, l’organisation nous ramène des croissants, quel pied ! Hum, moi qui ne suis pas du tout viennoiserie, j’ai adoré, allez, deux points en plus pour le moral.
Et ce qu’il y a d’étonnant, c’est que à ce moment, je me dis qu’il ne reste plus que 10 heures de course, que c’est bientôt fini ! 10 heures de course ! Bientôt fini ! Non, non, je ne suis pas folle, pour moi, il n’y avait plus rien à faire, ou du moins le plus gros était derrière moi et qu’à ce moment de l’épreuve, les heures ne représentaient plus 60 minutes ni 3600 secondes, elles n’avaient plus de définition dans l’espace temps mais n’étaient plus qu’un simple nombre par rapport à un autre ! Et, je suis sure que vous serez d’accord avec moi, 10 est bien plus petit que 24, alors, pourquoi sans faire, moins de la moitié à faire, pfffffffff, bagatelle !
Sauf que même si le moral est remonté, même s’il fait jour, même si je marche, plus que je ne cours maintenant, en compagnie de Isa, alias Le Piou et Jean Paul, des UFO, en compagnie du Bagnard, de Chtigrincheux et de Roger, et les autres, il me faut tout de même refaire un passage chez les ostéo, je ne peux plus balancer mon bras droit, la douleur est terrible ! Comme il faut souffrir pour aboutir…
Et le mal ne suffit pas, la pluie et le vent se ré invitent à notre balade, il ne manquait plus qu’eux, franchement, je vous jure, y-a des fois, on serait mieux à la maison, devant la cheminée ! Le circuit est une vraie piscine, il faut faire de sacrés écarts pour éviter les mares ! Laurent est de nouveau sur le parcours, fait quelques tours avec moi avant de retrouver ses collègues pour 10H00, ça m’a fait plaisir de le revoir. Il y a un peu plus de monde sur la boucle que cette nuit mais la météo, j’en suis sure, en a dissuadé plus d’un !
Pour le repas du midi, une bonne purée nous était proposée, la classe l’organisation. Dans l’après-midi, le verre de bière m’a fait grand bien. Voyez, même sur une course, on peut toujours profiter des bonnes choses de la vie…
J’ai retrouvé Pierre qui a passé une nuit exécrable, avec les sorties de boîte de nuit, il est accompagné d’un jeune de notre école de prévention qui a tenu à faire quelques tours avec moi, merci Florian. En plus, il a tenu compagnie à Pierre pour le reste de la journée.
L’après-midi, ce sont mon filleul et un neveu qui ont fait un bout de route avec moi, trop contente la tata.
L’ambiance est très chaleureuse malgré cette météo plus que capricieuse, puisque nous reprendrons une bonne douche, normal, cela fait parti de « l’expérience » !
Les pompiers de LENS, qui ont assuré la liaison avec PARIS en courant, sont venus faire leur tour également dans le jardin, accompagnés par un groupe de musiciens, wouah, cela a fait chaud au cœur de les voir avec nous.
Vers 17H00, un copain, qui se met à la course à pied est venu me rejoindre pour finir avec moi, sauf que nous n’avons fait qu’un tour en courant, les autres ont été assurés en marchant, cela ne l’a pas gêné, il était tellement content de partager ce moment avec moi, ce qui fut réciproque d’ailleurs, merci Rudy ! Pierre nous a retrouvé pour le dernier ¼ d’heure, j’étais la femme la plus heureuse sur terre à ce moment présent, fière d’être avec mon homme pour cette fin de mon premier 24 H, à l’occasion du Téléthon !
Et puis d’un coup, plus rien, si bien sur, comme de coutume, ma larme, non, mes larmes à l’arrivée, avec cette fierté d’être allée jusqu’au bout, même si je me suis accordée des pauses, alors qu’au départ, je ne le voulais pas. J’étais vidée, marquée, mon corps me faisait mal mais j’étais dans la tête tellement heureuse, excitée et très zen à la fois, avec cette sensation d’avoir rempli ma mission correctement, celle de me découvrir !
Merci à toute l’organisation, merci à tous les participants, les bénévoles, les spectateurs pour m’avoir permis de réaliser mon rêve. Vive les UFO et les KIKOU !!!!!!!!
Merci à ma famille, mes amis, mes collègues, les jeunes du COPS, qui m’ont soutenue.
Une ligne également pour Olivier et Pierre-Louis qui eux, se sont attaqués à l’Origole et qui ont franchi la ligne d’arrivée, je suis super fière de vous avoir pour amis. Ils ont marqué leurs points pour l’inscription à l’UTMB, maintenant, on va croiser les doigts. J’ai promis, si vous êtes retenus, je serai avec vous, car bénévole sur la course, et oui, c’est ça les potos…
Pierre a assuré le rôle du kiné le soir en rentrant et c’est vrai que je n’ai pas à me plaindre des bobos. Bon Ok, je serai sage quelques jours, mais, et c’est marrant, autant ce samedi, courir ne me tentait plus, et bien là, oui, j’ai hâte d’y retourner !!!
Je termine mon compte-rendu ce mardi et je peux en plus vous donner mon classement. Je voulais finir ce premier 24H, je l’ai fait ; je rêvais de faire aux alentours de 140 Km, j’ai fait 138.240, je suis super contente. Et puis ce matin, j’ai eu le classement, je suis 2ème féminine, et finis 15ème sur 41 partants.
Alors, devinez quoi, l’année prochaine, il y aura un nouveau 24 H organisé par l’Assemblée Nationale, et bien, j’y serai, oui, c’est trop bon, trop fort, trop, trop, trop long peut-être, mais tellement vrai, tellement … Je ne trouve plus les mots, alors, venez avec moi les copains et vous comprendrez, vous vivrez, tout ce que j’ai pu essayer de vous faire passer au travers de ce TRES LONG CR, mais bon, c’était un 24H……….
Affaire à suivre.
Si vous voulez zyeuter, c’est par là :
http://picasaweb.google.fr/Izavoineuse/24HTelethon?authkey=Gv1sRgCLrgr-uss4XxFQ#
En attendant le prochain mot, sportez vous bien.
Iza, heureuse de la vie tout simplement